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LA KABYLIE
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LA KABYLIE

VIP-Blog de t-ould-hamouda
archi_yves@yahoo.ca

  • 41 articles publiés dans cette catégorie
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  • Créé le : 15/09/2008 03:13
    Modifié : 12/08/2013 15:11

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    ITTIJ ASSEMAD DE BELQACEM IHIDJATEN

    06/11/2009 15:18

    ITTIJ ASSEMAD DE BELQACEM IHIDJATEN


    Publication du recueil "Ittij Assemad" de Belqacem Ihidjaten

    Soumis par tassadit le jeu, 05/11/2009 - 12:29
    Version imprimableVersion imprimable

    Montréal - Québec

    Belqacem Ihidjaten ou tout simplement Dda Boussad, comme nous aimons tous à l’appeler à Montréal, publie un nouveau recueil de poésies intitulé «Ittij Assemad». Nous sommes allés à sa rencontre.

    Kabyle.com - Tassadit Ould Hamouda : Azul a Da Bussad

    Boussad Ouidja : Azul a Massa Tassadit, azul aux lecteurs de Kabyle.com, sans oublier tous les Kabyles qui sont soit en Kabylie ou partout dans le monde.

    Vous avez la poésie dans le sang avec tous ces recueils finalisés. Combien en avez-vous édités à ce jour ?

    Vous savez aussi bien que moi que tous les Kabyles sont des poètes, comme je suis l’un d’eux, je l’ai dans le sang par la génétique. À ce jour, j’ai édité quatre recueils à compte d’auteur et le dernier par le HCA (Haut Comité à l’Amazighité). À moyen terme, trois recueils sont en phase de traduction pour l’exploitation de la brèche européenne.

    « Ittij Asemad » rien qu’en évoquant ces mots : on ressent un froid hivernal terrible nous traverser (comme celui du Canada) et on imagine aussi la profondeur des mots. Pourquoi avoir choisi ce titre ?

    Je vous concède une moitié de la réponse déjà contenue dans la question. Mais, il faut savoir aussi que le froid dans l’âme, n’est pas engendré par la vision mais par le sentiment. La chaleur de Tchernobyl ne peut réchauffer une âme brisée, trahie, malmenée…. Et même exilée. “Ittij Asemad” est, en quelque sorte, le crépuscule des sentiments qui bercent notre quotidien.

    Vous êtes aussi artiste et on vous a déjà vu à l’oeuvre avec votre guitare, continuez-vous à en jouer ?

    Ma “Taylor” est toujours à mes côtés, aussi un mandole, celà dépend de mon inspiration de prendre l’un ou l’autre… mais juste en intimité, en souvenir du bon vieux temps… sinon, il faut choisir à temps, le couperet de la vie ne pardonne pas.

    Pouvez-vous nous dire comment êtes-vous venu à la poésie et depuis quand ?

    J’ai touché une guitare au sens propre du mot, en août 1968, qui m’est venue en cadeau par un cousin vacancier, arrivé de France. J’ai composé ma toute première chanson en 1973. J’ai pris la décision d’éditer en 2002 et là, c’est une longue histoire à raconter, un jour peut-être

    Pouvez-vous partager un poème de « Ittij Asemad» avec les internautes de Kabyle.com ?

    Comment choisir un poème sur 250 ? Alors, les 249 vont me renier (sourire). Justement, le projet d’Alger, n’est en fait, que le “Best” des 4 recueils, sortis à compte d’auteur. Pour mes lecteurs, je dédierai ces deux poèmes :

    TIQBAYLIYIN IṬIJ ASEMMAḌ

    Ulac abeddel ufella

    Ma d lsas yerka

    Win d areqqeεur nemεin

    Madam tgemmu tuffra

    Tiddet n tmara

    Yiff-itt lekdeb ur nedεin

    Ugadeɣ a d-teqqim akk-a

    D aɣrib uẓekka

    N Weqbayli t-Teqbayliyin.

     

    Igrawliyen

    Yewεeṛ uẓaẓi n tidett

    Deg wellaɣ tsett

    Maèèi aṭas i s izemren

    Argaz yellan t-taqamett

    Yuɣal t-taεelgett

    Ur yelli n wid yuklalen

    Tayri yecban taweṛdett

    Tuɣal t-tifexxett

    Ttkukrun-tt yegrawliwen.


    « Ittij Assemad » est-il déjà en vente ? Où pourrait-on le trouver ?

    Il est édité par le HCA, et honnêtement, je ne connais pas leur manière de distribution. Néanmoins, ceux qui sont intéressés peuvent me contacter, quelques exemplaires sont en ma possession : b_ouidja@hotmail.com.

    Vous êtes aussi bon musicien, pourquoi avoir délaissé la guitare ?

    Je n’ai jamais délaissé la guitare, les mordus vous le diront : ils vous mentiraient s’ils vous diront le contraire. On ne peut délaisser une passion ou l’oublier. Je vous remercie de m’avoir donné la parole pour parler de mes recueils. Je reviens à ma phrase que je vous ai dit plus haut : Tous les Kabyles sont des poètes, la différence est entre ceux qui les écrivent et ceux qui ne peuvent le faire pour plusieurs raisons. 

    Propos recueillis par Tassadit Ould Hamouda

     

     

     

    Oeuvres de Belqacem Ihidjaten

    «Ahiwec» (Glanage)

    «Seg wawal ar wayed» (D’un mot à l’autre)

    «Tamusta n isefra» (Brassée de vers)

    «Asegres» ( auge ou sac de toile utilisé jadis pour donner l’orge aux bêtes de somme).

     Né en 1956 à Gendoul à Tizi Ouzou, Ouidja Boussad se retrouve très tôt orphelin. Il obtient en 1982 son diplôme d’ingénieur en mécanique à l’INIL de Boumerdès et s'exile en 2000 en Amérique du Nord.

    http://www.kabyle.com/archives/spip.php?article10786

    http://www.kabyle.com/archives/spip.php?article9254

    http://www.kabyle.com/archives/spip.php?article10001

    http://www.kabyle.com/archives/spip.php?article9828

     

      
       
     





    Arab SEKHI : "la culture kabyle est à un tournant de son histoire.

    06/11/2009 15:14

    Arab SEKHI :


    Arab SEKHI : "la culture kabyle est à un tournant de son histoire.

     
     
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    Montréal - Québec

    A New York au mois d’avril 2010, très probablement en tournée en France l'année prochaine, la troupe d'Arab Sekhi retourne sur les planches du Patro-Le-Prévost le 31 octobre pour une représentation de sa seconde pièce. Ass n unejmaa s'était jouée à guichets fermés en juin dernier.

    Kabyle.com Québec : Azul a Mas Sekhi

    A. Sekhi : Azul a Massa Ould-Hamouda. Je vous remercie de nous donner, encore une fois, l’occasion de parler de ce que nous faisons ici. À titre personnel, je trouve que pouvoir partager ses projets est une chance et j’apprécie toujours à sa juste valeur toute opportunité qui m’est donnée de parler de ce que je fais.  

    "Ass n unejmâa" revient pour la seconde fois à Montréal où elle a eu un grand succès, êtes-vous heureux de l'accueil réservé à cette pièce de théâtre par le public ?

    Plus qu’heureux. Pour les nouveaux comme pour les "anciens" (en fait Hocine Toulait et moi-même) ce fut un enchantement et cela pour plusieurs raisons: d’abord il y a le bonheur de l’artiste de voir le public applaudir son travail, ensuite il y a eu un immense soulagement de ne pas avoir déçu les attentes après Tidak n Nna Fa. Parce que paradoxalement, le succès de Tidak n Nna Fa a aussi été une source de stress. La question qui revenait souvent était alors "à quand la nouvelle pièce?". Nous espérons qu’elle sera à la hauteur de Tidak n Nna Fa!

    Les défis à relever (et mes appréhensions) étaient multiples, d’abord à titre d’auteur, puis de metteur en scène mais aussi à titre d’acteur parce que le rôle de Dda Yidir dans Ass n unejmaa est très différent de celui de Nna Fa. Enfin, pour conclure nous sommes heureux que le public continue à nous accompagner dans notre petite aventure théâtrale.

    Comment l’aventure "ASS N UNEJMÂA" a-t-elle débutée et comment cette idée vous est venue ? Avez-vous été marqué dans votre jeunesse par un Rassemblement au village ou plus précisément dans votre village ?

    Je crois que toute notre génération a été marquée par Tajmait. Même si à l’époque, les gamins que nous étions percevaient Tajmait plus souvent comme un empêcheur de s’amuser en rond, immanquablement, avec le recul, nous en mesurons toute l’importance. L’aventure de Ass n unejmaa s’abreuve à la même source que Tidak n Nna Fa : la société kabyle avec ses grandeurs et ses misères, son histoire et ses défis, ses faillites et ses miracles. La société kabyle est à l’orée d’un tournant majeur de son histoire. Pour la première fois, bien qu’au prix fort, elle peut se refléter dans un miroir qui lui a toujours manqué, sa propre langue. Pour la première fois elle a la possibilité de se voir avec ses propres yeux pas ceux des autres et pour la première fois peut être, elle a un rôle, aussi limité soit il, à jouer dans la destinée de sa propre culture. C’est à la fois exaltant et terrifiant. Pourquoi choisir Tajmait comme toile de fond? Pour autant que des personnages peuvent personnifier des facettes d’une société, quoi de plus naturel, pour parler de la nôtre que de camper le récit dans une tajmait, qui par définition est un concentré de la société ? Le tout est d’éviter de tomber dans la caricature ou alors d’en faire le choix délibérément. Tidak n Nna Fa relève de la même approche. Nna Fa a personnifié une facette de la Kabylie : nos vieilles parentes. Avec Ass n unejmaa, les thèmes se sont élargis et la perspective est différente. Cependant la trame reste la même : l’importance de nos valeurs ancestrales, mais aussi la nécessité de négocier le futur. À nous de voir si nos valeurs seront un boulet ou un tremplin Un autre point en commun entre Tidak n Nna Fa et Ass n unejmaa, c’est l’humour. Cela reste pour moi la meilleure façon de traiter de sujets qui peuvent parfois être lourds. L’humour évite au discours d’être parfois indigeste.

    Vous avez opté pour un décor qui représente toute une symbolique, pouvez-vous nous en parler ?

    Merci d’aborder ce sujet, parce que cela me donne l’occasion de remercier ceux et celle qui ont été impliqués dans la conception et la réalisation du décor. C’est le résultat d’un travail d’équipe dans lequel tous les membres de la troupe ont été sollicités. J’ai amené l’idée du café et de son ambiance comme décor pour la pièce, par la suite Mourad Mohand-Said a pris le relais pour esquisser les principes de conception et de réalisation du comptoir et de l’arrière plan du café. Sarah, sa fille, a initié le travail d’inclusion des modifications du comptoir et par la suite, Mohand Belmellat avec sa touche professionnelle a retravaillé le contenu et a réalisé la toile qui plante le décor avant même de commencer la pièce. C’est en effet une photo prise avec l’accord du propriétaire d’un comptoir d’un café de Kabylie qui a été modifiée pour y inclure des figures emblématiques de notre histoire récente. Tous nos emblèmes n’y sont pas, mais bon, nous avons représenté ceux qui se retrouvent le plus souvent dans les cafés kabyles : la JSK, la JSMB, Matoub, Ait Menguelat et Slimane Azem. Le but premier du décor et bien entendu, de transporter le spectateur d’emblée dans une contrée, une époque, un lieu particulier. En bref c’est de le transporter avant de lui parler et d’éveiller sa réceptivité. Reste par la suite à le convaincre de vous accompagner jusqu’au bout. Un bon décor sert à obtenir la complicité du spectateur. Une fois qu’il se dit : Je suis dans un café en Kabylie, il semble que le café soit fermé, les chaises sont sur les tables…que va-t-il se passer? Qui va entrer? C’est gagné. Ensuite le décor doit se faire oublier. Si le spectateur continue à le remarquer pendant le déroulement de la pièce, il faut se poser des questions.

    Comment avez-vous réussi à donner à chacun le rôle qui lui sied le mieux ? Pour vos choix d’acteurs, avez-vous eu recours à des auditions ?  

    Cela s’est fait en deux temps. D’abord il y a eu la première écriture de la pièce sans avoir en tête des acteurs particuliers. C’est un peu la phase qui suit celle de la gestation et où l’auteur aussi vite que possible met noir sur blanc ce qu’il veut capturer dans sa pièce et ce qu’il veut livrer au public. Puis vient le temps où le matériau brute est sur l’établi et où il faut commencer à l’affiner. C’est là ou avoir des acteurs en tête facilite beaucoup les choses parce que les personnages deviennent vivants et on peut alors les humaniser avec des tics, des humeurs, des traits. Cela peut sembler étonnant mais c’est là aussi où les personnages commencent à avoir une vie propre et à vous entraîner dans des sentiers que vous n’avez même pas soupçonnés au début de l’écriture. Moi j’ai donc eu la chance d’affiner Ass n unejmaa en sachant que Hocine Toulait allait être Dda Meqwran, Hakim Abdat personnifier Lhadj Alemmas, Brahim Bennamar jouer Chikh Mezyan, Nourredine Bala camper Mennad l’étudiant et moi-même être Dda Yidir. Il n y a pas eu d’auditions, j’ai fonctionné à l’instinct. Avec Hocine Toulait nous avons joué dans Tidak n Nna Fa, j’ai vu Hakim Abdat et Nourredine Bala jouer une fois Si lehlu de Muhia, quant à Brahim Benammar, il n’a jamais de sa vie fait de théâtre. C’était un pari pour lui et pour moi. Il semble que mon instinct ne m’a trompé.

    On a remarqué une parfaite symbiose entre le public et la présence de jeunes talents ?

    Absolument. Tout est question de crédibilité. Si un personnage est crédible, le public ne demande que ça. Je crois qu’un vent de sympathie pour les jeunes talents comme vous dites a soufflé dans la salle dès les premières minutes de représentation. Je peux vous dire qu’à l’entracte, ils avaient hâte de retourner sur scène et de retrouver le public. Un public qui a continué à être formidable même à la fin de la représentation. Les gens ont en effet attendu les acteurs à la sortie pour leur renouveler leurs compliments. Le spectateur ne s’en rend pas toujours compte, mais c’est inestimable pour un acteur.

    Vous êtes un acteur qui s’impose depuis déjà un moment dans le milieu artistique amazigh tant au niveau du Théâtre (réalisation et interprétation), qu'au niveau de la poésie, je pense à l'émission "Abruy". Y a–t-il un autre domaine que vous aimeriez toucher (ex. Cinéma) ?

    Je vous remercie. En fait mon souhait est de m’aventurer dans le roman, mais probablement pas tout de suite. J’ai récemment publié un livre en kabyle, Abruy…tirect, chez Trafford édition. Le théâtre reste un moyen privilégié de servir sa culture parce qu’il demande beaucoup moins de moyens matériels que le cinéma par exemple. Je n’ai pas de projet précis pour le cinéma mais, mais je reste ouvert à toute possibilité.

    Comme le dit "Idir" dans la chanson « Lettre à ma fille »:  chez nous il y a des choses que l’on ne dit pas. Dans Ass n Unejmâa, vous avez parlé d’un sujet qui reste encore tabou chez nous malgré le modernisme : On ne démontre jamais nos sentiments aussi profonds soient-ils. Dans la pièce vous voulez changer cet état de faits ou cette coutume, pourquoi ?

    En effet tout un acte de la pièce tourne autour de ce trait particulier de notre éducation et de notre culture en général. Je sentais qu’il fallait le dire. Peut être pour exorciser mes propres démons. Dans toute œuvre il y a un peu de son auteur. Ass n unejma ne fait pas exception. Je crois qu’en réalité cela ne se limite pas seulement à la non-expression des sentiments, cela va plus loin, il y a souvent un manque de communication. Et cela est parfois, malheureusement, la cause de beaucoup de drames. Dans Ass n unejmaa j’ai aussi voulu éviter l’amalgame entre la non expression des sentiments et l’absence de tendresse chez le kabyle. Il est le premier à souffrir de cet immense élan de tendresse pour les siens qui l’habite mais qu’il doit constamment contenir; de ces envolées du cœur qu’il doit systématiquement briser. Je crois que nous nous pouvons changer les choses parce que nous comprenons qu’il n y a que le premier pas qui compte. Je crois aussi que les jeunes générations ont le devoir de changer les choses, parce que si à la limite nous pouvons trouver des explications au comportement de nos pères, rien ne justifierait que les jeunes d’aujourd’hui tombent dans le même travers. Il ne faut surtout pas confondre entre le respect des valeurs et la sclérose, ni entre les pratiques et l’esprit d’une valeur. La valeur défie le temps, les pratiques qui l’expriment doivent évoluer.

    J'ai ouie dire que Ass n Unejmâa serait présentée bientôt à Tizi-ouzou et à New-York, est-ce vrai ?

    Pas Ass n unejmaa. Nous avions le projet d’aller présenter Tidak n Nna Fa à Tizi Ouzou effectivement, mais d’autres impératifs nous ont forcés à reporter le projet. Mais ce n’est que partie remise. Par contre nous irons avec Nna Fa à New York au mois d’avril 2010 tous les arrangements sont pris. Nous irons aussi très probablement en France en 2010.

    Comptez-vous réaliser un DVD à l'instar de Nna Fa ?

    Certainement. Cependant nous attendrons que la pièce soit rodée pour que nous puissions offrir un enregistrement de qualité au public. Peut être à l’automne 2010.

    On a remarqué que la pièce est produite par le Théatre du Renouveau Amazigh/Amezgun Amazigh Amaynut. Qu’est-ce que c’est ?

    Le TRA-AAA est de création très récente. Avec Mourad Mohand-Said, la cheville ouvrière du groupe pour l’organisation, la logistique et la promotion, nous avons pensé qu’un cadre officiel nous faciliterait les choses dans nos contacts avec les organismes ici au Canada et ailleurs lors de la location des salles, location de matériel etc. Mais, l’objectif ultime du TRA est de contribuer dans la mesure de nos moyens à la la création théâtrale et artistique de façon générale au Canada et de contribuer un tant soit peu à plus de variété dans le champs culturel kabyle.

    Lors des représentations de vos pièces, nous avons remarqué la qualité de leur préparation et leur organisation aussi bien sur le plan technique que logistique. Pourriez-vous nous dire un mot sur cet aspect ?

    Nous nous faisons un point d’honneur à faire le maximum pour honorer nos engagements envers le public, que ce soit en termes de qualité des salles, du respect de l’horaire ou de l’information. C’est l’expression de notre respect envers celles et ceux qui se déplacent pour nous voir. Bien entendu, il y a toujours des impondérables et organiser un événement artistique, que ce soit une pièce de théâtre ou un gala, n’est pas facile surtout que très souvent, le petit groupe organisateur doit être au four et au moulin. Le tout est de garder à l’esprit la nécessité de la rigueur dans la programmation et l’organisation. Mourad Mohand Said est celui qui est derrière toute la logistique les annonces et les autres aspects techniques. Cela permet aux acteurs de se concentrer sur les répétitions.

    T.Ould-Hamouda : Votre mot de la fin Mas Sekhi ?

      A. Sekhi : Comme je le mentionnais précédemment, la culture kabyle est à un tournant de son histoire. La création reste la voie du salut. Toute nouvelle œuvre est un pas dans la bonne direction. Il n’est pas toujours facile aux talents de s’exprimer c’est vrai, mais que ceux qui peuvent le fassent. Il n y a pas d’œuvre inutile. L’élitisme est un luxe que nous ne pouvons nous permettre dans la phase actuelle. Plus tard se fera la décantation. Je voudrais aussi ajouter que la création n’est rien sans le soutien du public. Il faut que se crée une symbiose entre les deux. Le public a autant un rôle à jouer que les artistes, autant de responsabilité que les créateurs dans le développement de notre culture.

    Propos recueillis par Tassadit Ould-Hamouda - le 27 octobre 2009.

      
     
     





    Arab SEKHI : "la culture kabyle est à un tournant de son histoire"

    28/10/2009 23:15

    Arab SEKHI :


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    Montréal - Québec

    A New York au mois d’avril 2010, très probablement en tournée en France l'année prochaine, la troupe d'Arab Sekhi retourne sur les planches du Patro-Le-Prévost le 31 octobre pour une représentation de sa seconde pièce. Ass n unejmaa s'était jouée à guichets fermés en juin dernier.

    Kabyle.com Québec : Azul a Mas Sekhi

    A. Sekhi : Azul a Massa Ould-Hamouda. Je vous remercie de nous donner, encore une fois, l’occasion de parler de ce que nous faisons ici. À titre personnel, je trouve que pouvoir partager ses projets est une chance et j’apprécie toujours à sa juste valeur toute opportunité qui m’est donnée de parler de ce que je fais.  

    "Ass n unejmâa" revient pour la seconde fois à Montréal où elle a eu un grand succès, êtes-vous heureux de l'accueil réservé à cette pièce de théâtre par le public ?

    Plus qu’heureux. Pour les nouveaux comme pour les "anciens" (en fait Hocine Toulait et moi-même) ce fut un enchantement et cela pour plusieurs raisons: d’abord il y a le bonheur de l’artiste de voir le public applaudir son travail, ensuite il y a eu un immense soulagement de ne pas avoir déçu les attentes après Tidak n Nna Fa. Parce que paradoxalement, le succès de Tidak n Nna Fa a aussi été une source de stress. La question qui revenait souvent était alors "à quand la nouvelle pièce?". Nous espérons qu’elle sera à la hauteur de Tidak n Nna Fa!

    Les défis à relever (et mes appréhensions) étaient multiples, d’abord à titre d’auteur, puis de metteur en scène mais aussi à titre d’acteur parce que le rôle de Dda Yidir dans Ass n unejmaa est très différent de celui de Nna Fa. Enfin, pour conclure nous sommes que le public continue à nous accompagner dans notre petite aventure théâtrale.

    Comment l’aventure "ASS N UNEJMÂA" a-t-elle débutée et comment cette idée vous est venue ? Avez-vous été marqué dans votre jeunesse par un Rassemblement au village ou plus précisément dans votre village ?

    Je crois que toute notre génération a été marquée par Tajmait. Même si à l’époque, les gamins que nous étions percevaient Tajmait plus souvent comme un empêcheur de s’amuser en rond, immanquablement, avec le recul, nous en mesurons toute l’importance. L’aventure de Ass n unejmaa s’abreuve à la même source que Tidak n Nna Fa : la société kabyle avec ses grandeurs et ses misères, son histoire et ses défis, ses faillites et ses miracles. La société kabyle est à l’orée d’un tournant majeur de son histoire. Pour la première fois, bien qu’au prix fort, elle peut se refléter dans un miroir qui lui a toujours manqué, sa propre langue. Pour la première fois elle a la possibilité de se voir avec ses propres yeux pas ceux des autres et pour la première fois peut être, elle a un rôle, aussi limité soit il, à jouer dans la destinée de sa propre culture. C’est à la fois exaltant et terrifiant. Pourquoi choisir Tajmait comme toile de fond? Pour autant que des personnages peuvent personnifier des facettes d’une société, quoi de plus naturel, pour parler de la nôtre que de camper le récit dans une tajmait, qui par définition est un concentré de la société ? Le tout est d’éviter de tomber dans la caricature ou alors d’en faire le choix délibérément. Tidak n Nna Fa relève de la même approche. Nna Fa a personnifié une facette de la Kabylie : nos vieilles parentes. Avec Ass n unejmaa, les thèmes se sont élargis et la perspective est différente. Cependant la trame reste la même : l’importance de nos valeurs ancestrales, mais aussi la nécessité de négocier le futur. À nous de voir si nos valeurs seront un boulet ou un tremplin Un autre point en commun entre Tidak n Nna Fa et Ass n unejmaa, c’est l’humour. Cela reste pour moi la meilleure façon de traiter de sujets qui peuvent parfois être lourds. L’humour évite au discours d’être parfois indigeste.

    Vous avez opté pour un décor qui représente toute une symbolique, pouvez-vous nous en parler ?

    Merci d’aborder ce sujet, parce que cela me donne l’occasion de remercier ceux et celle qui ont été impliqués dans la conception et la réalisation du décor. C’est le résultat d’un travail d’équipe dans lequel tous les membres de la troupe ont été sollicités. J’ai amené l’idée du café et de son ambiance comme décor pour la pièce, par la suite Mourad Mohand-Said a pris le relais pour esquisser les principes de conception et de réalisation du comptoir et de l’arrière plan du café. Sarah, sa fille, a initié le travail d’inclusion des modifications du comptoir et par la suite, Mohand Belmellat avec sa touche professionnelle a retravaillé le contenu et a réalisé la toile qui plante le décor avant même de commencer la pièce. C’est en effet une photo prise avec l’accord du propriétaire d’un comptoir d’un café de Kabylie qui a été modifiée pour y inclure des figures emblématiques de notre histoire récente. Tous nos emblèmes n’y sont pas, mais bon, nous avons représenté ceux qui se retrouvent le plus souvent dans les cafés kabyles : la JSK, la JSMB, Matoub, Ait Menguelat et Slimane Azem. Le but premier du décor et bien entendu, de transporter le spectateur d’emblée dans une contrée, une époque, un lieu particulier. En bref c’est de le transporter avant de lui parler et d’éveiller sa réceptivité. Reste par la suite à le convaincre de vous accompagner jusqu’au bout. Un bon décor sert à obtenir la complicité du spectateur. Une fois qu’il se dit : Je suis dans un café en Kabylie, il semble que le café soit fermé, les chaises sont sur les tables…que va-t-il se passer? Qui va entrer? C’est gagné. Ensuite le décor doit se faire oublier. Si le spectateur continue à le remarquer pendant le déroulement de la pièce, il faut se poser des questions.

    Comment avez-vous réussi à donner à chacun le rôle qui lui sied le mieux ? Pour vos choix d’acteurs, avez-vous eu recours à des auditions ?  

    Cela s’est fait en deux temps. D’abord il y a eu la première écriture de la pièce sans avoir en tête des acteurs particuliers. C’est un peu la phase qui suit celle de la gestation et où l’auteur aussi vite que possible met noir sur blanc ce qu’il veut capturer dans sa pièce et ce qu’il veut livrer au public. Puis vient le temps où le matériau brute est sur l’établi et où il faut commencer à l’affiner. C’est là ou avoir des acteurs en tête facilite beaucoup les choses parce que les personnages deviennent vivants et on peut alors les humaniser avec des tics, des humeurs, des traits. Cela peut sembler étonnant mais c’est là aussi où les personnages commencent à avoir une vie propre et à vous entraîner dans des sentiers que vous n’avez même pas soupçonnés au début de l’écriture. Moi j’ai donc eu la chance d’affiner Ass n unejmaa en sachant que Hocine Toulait allait être Dda Meqwran, Hakim Abdat personnifier Lhadj Alemmas, Brahim Bennamar jouer Chikh Mezyan, Nourredine Bala camper Mennad l’étudiant et moi-même être Dda Yidir. Il n y a pas eu d’auditions, j’ai fonctionné à l’instinct. Avec Hocine Toulait nous avons joué dans Tidak n Nna Fa, j’ai vu Hakim Abdat et Nourredine Bala jouer une fois Si lehlu de Muhia, quant à Brahim Benammar, il n’a jamais de sa vie fait de théâtre. C’était un pari pour lui et pour moi. Il semble que mon instinct ne m’a trompé.

    On a remarqué une parfaite symbiose entre le public et la présence de jeunes talents ?

    Absolument. Tout est question de crédibilité. Si un personnage est crédible, le public ne demande que ça. Je crois qu’un vent de sympathie pour les jeunes talents comme vous dites a soufflé dans la salle dès les premières minutes de représentation. Je peux vous dire qu’à l’entracte, ils avaient hâte de retourner sur scène et de retrouver le public. Un public qui a continué à être formidable même à la fin de la représentation. Les gens ont en effet attendu les acteurs à la sortie pour leur renouveler leurs compliments. Le spectateur ne s’en rend pas toujours compte, mais c’est inestimable pour un acteur.

    Vous êtes un acteur qui s’impose depuis déjà un moment dans le milieu artistique amazigh tant au niveau du Théâtre (réalisation et interprétation), qu'au niveau de la poésie, je pense à l'émission "Abruy". Y a–t-il un autre domaine que vous aimeriez toucher (ex. Cinéma) ?

    Je vous remercie. En fait mon souhait est de m’aventurer dans le roman, mais probablement pas tout de suite. J’ai récemment publié un livre en kabyle, Abruy…tirect, chez Trafford édition. Le théâtre reste un moyen privilégié de servir sa culture parce qu’il demande beaucoup moins de moyens matériels que le cinéma par exemple. Je n’ai pas de projet précis pour le cinéma mais, mais je reste ouvert à toute possibilité.

    Comme le dit "Idir" dans la chanson « Lettre à ma fille »:  chez nous il y a des choses que l’on ne dit pas. Dans Ass n Unejmâa, vous avez parlé d’un sujet qui reste encore tabou chez nous malgré le modernisme : On ne démontre jamais nos sentiments aussi profonds soient-ils. Dans la pièce vous voulez changer cet état de faits ou cette coutume, pourquoi ?

    En effet tout un acte de la pièce tourne autour de ce trait particulier de notre éducation et de notre culture en général. Je sentais qu’il fallait le dire. Peut être pour exorciser mes propres démons. Dans toute œuvre il y a un peu de son auteur. Ass n unejma ne fait pas exception. Je crois qu’en réalité cela ne se limite pas seulement à la non-expression des sentiments, cela va plus loin, il y a souvent un manque de communication. Et cela est parfois, malheureusement, la cause de beaucoup de drames. Dans Ass n unejmaa j’ai aussi voulu éviter l’amalgame entre la non expression des sentiment et l’absence de tendresse chez le kabyle. Il est le premier à souffrir de cet immense élan de tendresse pour les siens qui l’habite mais qu’il doit constamment contenir; de ces envolées du cœur qu’il doit systématiquement briser. Je crois que nous nous pouvons changer les choses parce que nous comprenons qu’il n y a que le premier pas qui compte. Je crois aussi que les jeunes générations ont le devoir de changer les choses, parce que si à la limite nous pouvons trouver des explications au comportement de nos pères, rien ne justifierait que les jeunes d’aujourd’hui tombent dans le même travers. Il ne faut surtout pas confondre entre le respect des valeurs et la sclérose, ni entre les pratiques et l’esprit d’une valeur. La valeur défie le temps, les pratiques qui l’expriment doivent évoluer.

    J'ai ouie dire que Ass n Unejmâa serait présentée bientôt à Tizi-ouzou et à New-York, est-ce vrai ?

    Pas Ass n unejmaa. Nous avions le projet d’aller présenter Tidak n Nna Fa à Tizi Ouzou effectivement, mais d’autres impératifs nous ont forcés à reporter le projet. Mais ce n’est que partie remise. Par contre nous irons avec Nna Fa à New York au mois d’avril 2010 tous les arrangements sont pris. Nous irons aussi très probablement en France en 2010.

    Comptez-vous réaliser un DVD à l'instar de Nna Fa ?

    Certainement. Cependant nous attendrons que la pièce soit rodée pour que nous puissions offrir un enregistrement de qualité au public. Peut être à l’automne 2010.

    On a remarqué que la pièce est produite par le Théatre du Renouveau Amazigh/Amezgun Amazigh Amaynut. Qu’est-ce que c’est ?

    Le TRA-AAA est de création très récente. Avec Mourad Mohand-Said, la cheville ouvrière du groupe pour l’organisation, la logistique et la promotion, nous avons pensé qu’un cadre officiel nous faciliterait les choses dans nos contacts avec les organismes ici au Canada et ailleurs lors de la location des salles, location de matériel etc. Mais, l’objectif ultime du TRA est de contribuer dans la mesure de nos moyens à la la création théâtrale et artistique de façon générale au Canada et de contribuer un tant soit peu à plus de variété dans le champs culturel kabyle.

    Lors des représentations de vos pièces, nous avons remarqué la qualité de leur préparation et leur organisation aussi bien sur le plan technique que logistique. Pourriez-vous nous dire un mot sur cet aspect ?

    Nous nous faisons un point d’honneur à faire le maximum pour honorer nos engagements envers le public, que ce soit en termes de qualité des salles, du respect de l’horaire ou de l’information. C’est l’expression de notre respect envers celles et ceux qui se déplacent pour nous voir. Bien entendu, il y a toujours des impondérables et organiser un événement artistique, que ce soit une pièce de théâtre ou un gala, n’est pas facile surtout que très souvent, le petit groupe organisateur doit être au four et au moulin. Le tout est de garder à l’esprit la nécessité de la rigueur dans la programmation et l’organisation. Mourad Mohand Said est celui qui est derrière toute la logistique les annonces et les autres aspects techniques. Cela permet aux acteurs de se concentrer sur les répétitions.

    Comme je le mentionnais précédemment, la culture kabyle est à un tournant de son histoire. La création reste la voie du salut. Toute nouvelle œuvre est un pas dans la bonne direction. Il n’est pas toujours facile aux talents de s’exprimer c’est vrai, mais que ceux qui peuvent le fasse. Il n y a pas d’œuvre inutile. L’élitisme est un luxe que nous ne pouvons nous permettre dans la phase actuelle. Plus tard se fera la décantation. Je voudrais aussi ajouter que la création n’est rien sans le soutien du public. Il faut que se crée une symbiose entre les deux. Le public a autant un rôle à jouer que les artistes, autant de responsabilité que les créateurs dans le développement de notre culture.

    Propos recueillis par Tassadit Ould-Hamouda






    T. Ould-Hamouda se livre à la Dépêche de Kabylie

    13/08/2009 04:23

    T. Ould-Hamouda se livre à la Dépêche de Kabylie


        
    Article consulté 672 fois
    Entretien avec Tassadit Ould-Hamouda, responsable de l’association Tafsut au Canada
    “Nous sommes très sensibles à tout ce qui se passe surtout en Kabylie”

    Ils sont à des milliers de lieux de la Kabylie, mais sans pour autant, l’oublier, ni lui tourner le dos. Ils vivent au Canada, mais ils veulent rester c’est la nature, des Kabyles ! L’activisme culturel et politique de la diaspora kabyle, à travers le monde est cette fenêtre qui nous permet de côtoyer le monde, le connaître et surtout de se faire connaître. Notre amie, Tassadit Ould-Hamouda est parmi ces braves militants, qui ne cessent, même étant à l’autre bout de la Terre, de porter les couleurs de  sa culture d’origine. Responsable d’association au Canada, elle nous explique dans cet entretien, les différentes formes de ses activités, la présence de son association dans les différentes cérémonies culturelles… Elle évoque surtout la relation qui lie cette association à la Kabylie.

     

    La Dépêche de Kabylie : Vous êtes responsable d’une association culturelle berbère au Canada, pouvez-vous la présenter à nos lecteurs ?

    T. Ould-Hamouda : Je suis responsable de l’association Tafsut, Chants et danses de Kabylie, fondée  en 2001. Tafsut est un organisme sans but lucratif créée pour la sauvegarde et la promotion de notre culture au Canada

     

     

     

    Quelles sont vos activités ?

    Essentiellement, elles se résument comme suit : Organisation de spectacles :

    Célébration et commémoration des évènements qui ont marqué ou qui font partie de notre culture afin qu’ils ne sombrent pas dans l’oubli : Yennayer, Tafsut n Imazighen, Anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounès, etc…Célébration de la Fête Nationale du Québec (annuellement).

    - Participation à des spectacles et festivals québécois ou canadiens :

    Tafsut étant maintenant un groupe  connu, il s’est classé parmi les grands groupes artistiques du Québec. De ce fait, il a déjà participé à de grands festivals, notamment  "Le Mondial de Drummondville", "Montréal en Llumière", "Gigue en Fête", "Vues d’Afrique", "Journée africaine", "Adeqqi (Art des femmes berbères) au Musée de la civilisation Québec", "Festival de la nation Huronne de Wendake (premières nations)", "Yennayer à l’université de Chicoutimi" "Salon international du tourisme et du voyage de Montréal ", "Fête des enfants de Montréal", etc. Je ne peux malheureusement pas tous les citer…).

    - Participation à des expositions :

    Tafsut a participé à diverses expositions canadiennes et québécoises. La dernière manifestation  remonte au 30 et 31 mai au Musée du Fier Monde de Montréal.

     

     

     

    Vous célébrez, pratiquement toutes les dates inhérentes au combat identitaire de la Kabylie, quel accueil est-il réservé à vos activités par les Canadiens ?

    Effectivement, à chacune des activités de Tafsut, les gens viennent en grand nombre et sont heureux de nous voir. Nous recevons des félicitations de tous. Nous remercions vivement notre communauté qui est toujours présente lors de nos participations aux divers spectacles. Les Canadiens sont heureux de découvrir une autre culture et sont très curieux de tout savoir. C’est de cette manière que nous  faisons la promotion de notre culture.

     

     

     

    Peut-on savoir quel est le nombre de vos adhérents ?

    Nous n’avons jamais fait ou crée des cartes de membres pour la seule et unique raison que  notre communauté à Montréal est nouvelle, nous ne voulons pas mettre les gens dans l’embarras. Tout le monde est le bienvenu à Tafsut. C’est pour cette raison peut-être que notre groupe a beaucoup de sympathisants. Par ailleurs, Tafsut fonctionne plus comme un groupe culturel.

     

     

     

    Vous avez été félicitée à plusieurs reprises ?

    En plus des messages d’encouragements et de félicitations de la Ville de Montréal et de plusieurs organismes culturels québécois, l’Association des At-Yiraten (Canada) m’a honoré par  une reconnaissance qui m’a beaucoup émue (un trophée pour mon militantisme). J’ai eu le Prix d’Excellence 2007 de la Fondation Club Avenir (organisme de chercheurs et d’universitaires algériens). Je viens d’être félicitée et honorée avec un trophée par la prestigieuse association Acaoh d’Ottawa-Hull lors de la célébration de Tsafsut n Imazighen. Je remercie tous ces organismes pour leur soutien et la confiance qu’ils m’accordent ce qui m’encourage à y aller de l’avant.

     

     

     

    La communauté kabyle est très importante au Canada, quels sont les liens que vous avez tissés avec d’autres communautés ?

    Effectivement, la communauté Kabyle est très importante surtout à Montréal. Elle grandit de jour en jour avec les nouveaux arrivants.

    Au fil des années, nous avons tissé de très bonnes relations avec des communautés africaines, russes, portugaises, malgaches et québécoises...

    Je suis personnellement impliquée avec l’Association du Patrimoine d’expression du Québec (SPEQ), organisme  de défense et de promotion du patrimoine d’expression au Québec, je rencontre souvent divers groupes de diverses communautés, à force de travailler ensemble, nous avons appris à nous connaître.

     

     

     

    Les événements politiques en Algérie en général, et en Kabylie en particulier, peuvent-ils influencer vos activités, si oui de quelle manière ?

    Bien sûr. Nous sommes très sensibles à tout ce qui se passe surtout en Kabylie. Notre cœur est là-bas. Les évènements qui s’y déroulent nous touchent au plus haut point  et à chaque fois que l’occasion nous est donnée, nous en profitons pour  informer l’opinion publique que ce soit lors de l’ouverture de spectacles, ou lors des invitations des médias d’ici ou d’ailleurs.

     

    Avez-vous d’autres spectacles en vue ?

    Nous préparons la Fête des Enfants de Montréal.  Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour inviter notre communauté à venir applaudir nos jeunes sur scène,  le 15 août à 12h00 et le 16 août à 16h00 et à l’atelier de danse, le 15 août à 12h30 au Parc Jean-Drapeau.

     

     

     

    Un dernier mot ?     

    Tout d’abord je tiens à vous remercier pour l’intérêt que vous nous accordez. Je remercie Mourad Itim qui a toujours été là, pour Tafsut et qui active de bon cœur. Grand merci à toutes ces filles et à tous ces garçons qui sont la fierté de Tafsut : Imane, Ghilas, Ahmed, Zalas, Amina, Sonia, Lisa A., Lisa, Sarah, Neila, Taouès, Katia, et Djouher. Merci à toutes ces personnes qui nous aident à chaque fois que nous avons besoin d’eux,  Rachid Bandou, Amar Nessah, Nordine, M. Chaker, Fouad Yalaoui, Samir Harfi, Madjid Benbelkacem et tous ceux qui de loin ou de près, contribuent à notre réussite.

    Propos recueillis par Mohamed Mouloudj

    http://www.depechedekabylie.com/rub.php?id=10&ed=MjE5NQ==

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    Shamy Chemini de passage au Québec

    02/04/2009 03:53

    Shamy Chemini de passage au Québec


    T. Ould-Hamouda : Azul Shamy, Vous êtes venu à Montréal dans le cadre du Festival culturel Nord-Africain de Montréal, comment avez-vous trouvé l’accueil des Montréalais ?

    Shamy : L’accueil est particulièrement chaleureux de la part de la communauté kabyle comme des québécois. J’ai senti le manque des œuvres d’ordre littéraire comme cinématographique et musicale. Je suis agréablement surpris que mes livres soient bien appréciés par les montréalais. Je profite au passage de remercier Mourad Mahamli qui a réalisé un partenariat avec la Librairie Oliviera qui a mis tous mes romans, CD et livres de contes pour enfants à la disposition du public. L’écho étant favorable car mes œuvres étaient demandées.

     
    Que pensez-vous de ce genre de manifestation ?
     
    Je trouve que c’est une excellente initiative de mettre au programme le cinéma, la littérature et les contes pour enfants. Cela enrichit encore d’avantage le spectacle vivant, celui de la chanson pour donner un aperçu de notre identité culturelle.
     
    Les spectateurs ont apprécié votre documentaire « Messages Kabyles » sur les évènements de Kabylie, comment vous est venue l’idée de réaliser ce film ?
     
    Pour moi réaliser ce documentaire est une évidence, cela s’impose pour immortaliser cet événement que je considère de première importance, par contre je déplore qu’il n y en ai pas d’autres sur ce sujet pour que le grand public puisse se faire une opinion plus large. 
     
    Étant autodidacte, j’ai pris conscience très tôt que pour que notre culture puisse avoir sa place parmi les autres, il est indispensable que cette oralité si riche doit passer à l’écrit, l’image ainsi que tout autre support d’expressions diverses. À mon sens, il est révolu le temps où nous ne cessions pas de justifier notre existence à travers des gestes ou des propos incohérents. Nous devons passer de la parole à l’acte.
     
    Le film sur « La saga des Abranis » était exceptionnel et nous a fait revivre les moments où la chanson Kabyle était à son top niveau….
     
    La projection du film sur les Abranis au départ n’était pas prévue. Cela s’est fait suite à la suggestion de Mourad Mahamli, l’un des organisateurs du Festival. Ce documentaire que j’ai réalisé avec mon ami Karim sur notre groupe a été fait dans le souci de préserver notre mémoire et notre histoire.
     
    Concernant toujours le groupe « Abranis » pensez-vous produire un autre CD?
     
    Seul l’avenir le dira, mais en ce qui me concerne, ce n’est pas exclu.
     
    Après la musique, pourquoi vous êtes vous tourné vers la littérature et le documentaire?
     
    Depuis les années 70 à ce jour, le plus grand effort des acteurs culturels berbères était consacré à la chanson. Je pense que c’était une bonne chose. En cours de route, je pense qu’on a oublié l’essentiel : c’est de produire, de chanter, d’écrire et faire les dessins animés pour nos enfants, d’autant plus que la nouvelle génération parentale qui a 2 à 3 enfants est particulièrement friande de tous les produits qui s’adressent à sa progéniture et peu importe son support. Il me semble, pour préserver notre culture afin qu’elle ne disparaisse pas, nous devons nous investir dans tous les secteurs dans ce monde d’enfance, d’innocence et de rêve.
     
    Durant votre visite à Montréal, vous avez rencontré des éditeurs...
     
    En effet, dans le but d’éditer mes œuvres afin de les mettre à la disposition de notre communauté d’une part et d’autre part, pour que le pays d’accueil sache et prenne conscience que cette nouvelle communauté d’immigrés a ses artistes, ses écrivains, ses intellectuels, une culture variée et riche. C’est ainsi qu’on se fera connaître et reconnaître par d’autres pour que nous puissions être encore plus forts dans notre pays Tamazgha.
     
    Êtes-vous satisfait de votre passage à Montréal ?
     
    Oui j’ai trouvé les Canadiens chaleureux et courtois. Si un jour, Nous les Berbères, nous arriverons à acquérir leur savoir et leur attitude, Tamazgha serait un lieu pour vivre idyllique où il ferait bon de travailler et d’y vivre. Je suis convaincu que si nous étions semblables à ce nouveau peuple, aucun de nous n’immigrerait nulle part ailleurs.
     
    Je profite de cette occasion pour remercier tous les organisateurs du Festival Culturel Nord-Africain, en particulier Mourad, Nacer et tous les membres, pour leur accueil et leur coutoisie, Tafsut pour sa participation lors du passage du film "Abranis" ainsi que le public venu en grand nombre.
     
    Entrevue réalisée par T. Ould-Hamouda K.C Montréal





    Je me bats pour protéger la Kabylie d'un nouveau massacre - Ferhat Méhenni

    26/02/2009 02:19

    Je me bats pour protéger la Kabylie d'un nouveau massacre - Ferhat Méhenni



    Actualité internationale Ferhat Mehenni : "je me bats pour protéger la Kabylie d’un nouveau massacre, (...)

    MAK

    Ferhat Mehenni : "je me bats pour protéger la Kabylie d’un nouveau massacre, de nouvelles répressions, de nouvelles humiliations"

    © Normand Lacasse

    lundi 5 janvier 2004, par OULD HAMOUDA Tassadit

    Nous remercions chaleureusement M. Ferhat MEHENNI, porte-parole du MAK, pour sa franchise, ses réponses sans détours à toutes nos questions et sa disponibilité malgré son emploi du temps chargé. Tanemirt Tamoqrante.

    Kabyle.com : Vous venez d’effectuer une visite en Amérique du Nord où vous avez rencontré des responsables politiques. Pouvez-vous nous en parler, nous en faire le bilan ?

    Ferhat MEHENNI : La Kabylie n’a pas d’état, donc pas de voix pour se faire entendre auprès des instances internationales. Après quarante ans de sa répression à huis clos par le pouvoir algérien, rien n’a vraiment changé pour elle. Nous avons conclu que pour faire aboutir son combat il est nécessaire qu’elle se dote d’une diplomatie pour informer les pays qui peuvent jouer un rôle influent dans ce coin du monde afin d’amener le régime algérien à changer d’attitude vis-à-vis d’elle. Un diplomate est l’avocat de son peuple auprès des autres. Par conséquent, ceux que nos bourreaux ont nommés pour les représenter ne sont pas là pour nous défendre mais pour mentir sur ce qu’ils nous font subir, à faire croire au monde que nos larmes ne sont pas celle de la douleur mais celles de la joie. On dit bien en Kabyle : « yewwet iyi urumi ccetka& i gma s », (j’ai été me plaindre auprès du frère de mon agresseur). Si la diplomatie algérienne est celle de son régime qui nous assassine, nous ne pouvons pas compter sur elle mais sur nous-mêmes. Nous nous sommes dit qu’il est vital que nous nous fassions les avocats de nous-mêmes. C’est ainsi que nous avons déjà été au Haut Commissariat aux Droits de l’Homme près de l’ONU à Genève en novembre 2001, puis à Bruxelles auprès des institutions européennes l’année dernière, en Italie puis en mai dernier en Suède. Il nous manquait de saisir les Etats-Unis dont l’avis est toujours respecté à travers le monde. En nous recevant au Département d’Etat, les Américains nous ont permis d’exposer la situation qui prévaut en Kabylie depuis plus de trente mois et de mettre l’accent sur la possibilité d’une évolution dangereuse qui amènerait une violence à même de déstabiliser tout le sous-continent. Nous avons eu toute l’écoute que nous attendions de notre vis-à-vis. Coïncidant avec la visite de Mr. Colin Powell en Afrique du Nord, notre entrevue qui avait duré une heure trente, à Washington, nous avait permis de demander à ce que le chef de la diplomatie américaine évoque la question kabyle lors de ses discussions avec ses partenaires algériens. Le reste a été résumé dans le communiqué que les visiteurs de kabyle.com ont pu lire sur leur site préféré ; site auquel nous tenons à rendre hommage pour sa disponibilité pour toute information sérieuse ayant trait à la Kabylie. Si on peut résumer en une phrase le résultat de cette visite au Département d’Etat américain ce serait celle-ci : Désormais la Kabylie existe auprès des responsables de l’hyper puissance du monde. Et ce n’est pas peu. Au Canada, seuls les Québécois nous ont fait l’honneur de nous recevoir. Le Bloc Québécois nous a reçu en son siège à Montréal par son Président Mr. Gilles Duceppe en présence de Mr. Beauregard. Nous avons brossé un tableau d’ensemble de la région et de l’aspiration du peuple kabyle à son autonomie. Ayant des similitudes sur les plans politique, identitaire et culturel avec le Québec nos hôtes se sont montrés très sensibles à notre situation. De leur côté, ils nous ont expliqué les tenants de leur démarche souverainiste par la voie démocratique. Nous avons décidé de développer nos relations que nous aurons à renforcer, à l’avenir, dans les domaines humain et culturel, notamment au niveau de la francophonie. L’entretien a été cordial et enrichissant pour les deux parties. Notre délégation a été, ensuite, invitée à une séance du parlement québécois à la fin de laquelle le député Mr Daniel Turp nous a reçus dans son bureau. Mme Nora Hamdi a été désignée par nous pour veiller sur place à la qualité de cette relation Kabylie-Québec que nous venons de tisser. Nous tenons à exprimer à tous ceux qui nous ont aidé dans l’organisation de ce voyage diplomatique nos remerciements les plus chaleureux. Merci à l’Association des Taxis Kabyles de Paris pour leur aide matérielle, à Mr Mouloud ATCHEBA pour ses contacts avec les Etats-Unis, Normand Lacasse qui nous a ouvert tant de portes au Québec.

    Kabyle.com : En dehors des officiels, qui d’autre avez-vous rencontré ?
    Ferhat MEHENNI : En effet, je n’ai pas vu que des officiels. J’ai, lors de cette visite, tenu à rencontrer la communauté kabyle nord américaine. Grâce à l’ACAA, j’ai pu donner à New York une conférence débat entièrement en kabyle, suivie d’un récital, et ce, malgré la tempête de neige qui n’avait pas permis à certains membres d’y assister. A Montréal, j’ai eu d’abord à recevoir les représentants des associations kabyles locales avant d’animer un concert puis une conférence débat sur le thème de l’autonomie de la Kabylie. Merci à Ammar Lakehal et à toute l’équipe qui l’a secondé dans la réussite de la mobilisation des nôtres dont les animateurs des sites Web kabyle.com et Kabyle.ca.

    Kabyle.com : Comptez-vous continuer ces contacts sur la scène internationale pour sensibiliser les pays occidentaux à la perspective de l’autonomie de la Kabylie ?

    Ferhat MEHENNI : Nous continuerons à le faire autant qu’il le faudra. Défendre le peuple kabyle est une noble tâche que le MAK prend avec toute la solennité, le respect et le sérieux requis. Tant que la Kabylie est violentée, muselée, réprimée nous nous ferons un devoir au dessus de tous les autres de la défendre auprès des instances internationales. Nous envisageons de poursuivre tous ces efforts diplomatiques afin d’arriver à la mettre à l’abri de la violence de l’état algérien.

    Kabyle.com : Quelles sont les limites entre les concepts d’autonomie et d’indépendance ?

    Ferhat MEHENNI :

    En principe, l’indépendance s’applique à un pays lorsqu’il se libère d’un autre qui, auparavant l’avait conquis, colonisé ou annexé. C’est une rupture politique qui met le dominé sur le même pied d’égalité que le dominant au sein de l’ONU. L’indépendance requiert une reconnaissance internationale à travers des échanges d’ambassadeurs. L’autonomie régionale ne porte pas atteinte à l’intégrité du territoire dit national. Elle est semblable au fédéralisme dont elle n’est qu’un premier pas. L’état régional qui en est l’expression reste dépendant de l’état central qui lui délègue ses pouvoirs à l’exception de la défense nationale, de l’émission de la monnaie et des représentations diplomatiques. Pour illustrer cela, prenons, d’une part, l’exemple de l’indépendance de l’Algérie vis-à-vis de la France et, d’autre part ; l’autonomie régionale de la Catalogne en Espagne. L’indépendance, en général, s’obtient par la force tandis que l’autonomie par la voie démocratique. Il arrive que des états refusent à une ou plusieurs de leurs régions leur droit à l’autonomie. C’est là qu’ils prennent le plus grand risque d’une dislocation nationale et la responsabilité d’une évolution violente dont ils auraient pu faire l’économie, tant le résultat au bout du compte a toujours été pire que ce qu’ils ont voulu empêcher. Le cas de l’ex Yougoslavie avec la Bosnie et le Kosovo en est un exemple édifiant.

    Kabyle.com : Quelles sont les franges de la société tant civile que politique qui composent le MAK ?

    Ferhat MEHENNI : Le MAK recrute dans toutes les classes de la Kabylie. Il n’a pas le droit d’exclure une catégorie politique, sociale, religieuse culturelle ou linguistique du combat pacifique commun à tous les Kabyles en faveur de leur autonomie régionale. Le MAK ne fait pas de distinction entre ses membres. Il est animé par des militantes et des militants de conviction et non de carrière. C’est parce qu’ils portent la Kabylie dans leur cィョAcirc;?ur et qu’ils font passer ses intérêts avant les leurs qu’ils adhèrent au MAK. La Kabylie autonome a besoin de tous ses enfants aujourd’hui. Demain elle saura être généreuse envers tous y compris ceux qui, parmi eux, se croient encore en devoir d’en combattre l’avènement. Nous voulons inaugurer une nouvelle ère où les divergences ne se transforment pas en affrontements et ne font pas de leurs tenants des ennemis. Quand la solidarité ne peut pas jouer, nous resterons polis, courtois et fraternels. Nous ne nous tromperons pas de cible. L’ennemi est ailleurs qu’entre nous.

    Kabyle.com : Quels sont les obstacles que rencontre le MAK dans la région de Kabylie et au niveau national ?

    Ferhat MEHENNI : L’obstacle majeur que nous avons rencontré relève plus du malentendu, de l’interrogation que de l’opposition de l’hostilité. C’était au lendemain du 5 juin 2001 lorsque beaucoup des nôtres ne comprenaient pas le sens de l’autonomie. Depuis que nous avons entamé de sillonner la Kabylie pour expliquer en quoi notre projet consiste, en quoi notre région et notre peuple en seront grandis, nous avons assisté à une adhésion au-delà de ce que nous escomptions. D’un tabou, nous avons réussi le tour de force de révéler une aspiration profonde des Kabyles à s’autogouverner, à gérer leur propre quotidien par eux-mêmes. Il en est beaucoup qui, maintenant, souhaiteraient aller au-delà du cadre de l’autonomie. Mais nos intérêts immédiats sont dans cette dernière. Que l’on ne se trompe pas une fois de plus. Le deuxième obstacle pour agir a été notre principe moral de ne déstabiliser en aucune façon l’action des Archs sur le terrain. Il est hors de question pour nous d’en être les adversaires ou, encore moins, les fossoyeurs. Une fois leur mission terminée, bien ou mal, nous prendrons toutes nos responsabilités. Le troisième obstacle est notre manque de moyens matériels et financiers. Pour accélérer le processus de construction l’autonomie nous avons besoin de nos journaux, de nos radios et de notre télévision. Nous allons entreprendre des démarches auprès de tous ceux qui peuvent nous aider dans ce sens en Kabylie et dans l’émigration afin de nous doter des moyens de notre politique. En attendant merci à tous les médias qui nous ouvrent leurs colonnes, leurs ondes ou leur écran. Au plan algérien, Le MAK a été diabolisé et l’on me traite de tous les noms d’oiseaux. C’est pour cela que, dans le but de lancer le débat sur l’autonomie, je fais paraître en France, vers le début mars 2004 un livre intitulé « Algérie : La question kabyle »

    Kabyle.com : En quoi l’idée de l’autonomie de la Kabylie peut-elle déranger l’équilibre national si équilibre il y a ?

    Ferhat MEHENNI : L’équilibre politique national, au sommet de l’état, est toujours instable, précaire. Deux clans se sont installés au pouvoir depuis leur alliance contre la Kabylie insurgée de 1963 à 1965. On les désigne plus crûment sous l’expression de clan de l’Est ou de clan de l’Ouest même si ils ne sont nullement représentatifs des populations de ces deux régions du pays. Les clans ne représentent qu’eux-mêmes, c-a-d des mafias ordonnées sur le mode tribal. L’expression de cette dualité n’a éclaté au grand jour que ces derniers temps avec les candidatures de Bouteflika et de Benflis à la présidence de la République. Le FLN qui est l’instrument de leur pouvoir s’est fracturé en deux : le « FLN Redressement » est de l’Ouest comme son candidat et le « FLN officiel » si on peut se permettre de l’appeler ainsi recrute essentiellement à l’Est derrière le fils du bled. Les Kabyles qui en font partie, longtemps brillants seconds et toujours reniant leurs origines à l’intérieur de l’armée, jouent ces derniers temps au balancier. Là où ils penchent, le clan emporte la décision. Les tenants du pouvoir pensent que le MAK et son idée d’autonomie de la Kabylie déstabiliseraient entièrement l’avenir de la règle du jeu. Si la Kabylie viendrait à être autonome, se produiraient au moins deux phénomènes fatals à l’ensemble du pouvoir. Premièrement, l’exemple de la Kabylie ne pourrait que tenter d’autres régions d’Algérie qui voudraient s’affranchir de leur tutelle liberticide et étouffante, de même que chaque région aurait alors à revendiquer la transparence dans la gestion de la rente pétrolière qui est la base de cette lutte des clans et du pouvoir occulte algérien. Ensuite, l’élément kabyle qui lui assure sa relative stabilité, une fois débarrassé de ses inhibitions à s’affirmer, pourrait soit postuler à son tour au leadership du pouvoir soit en être éjecté avec toutes les conséquences que cela aurait sur l’aggravation des luttes entre factions et le dit équilibre. Ils estiment à tort ou à raison que l’idée d’autonomie est révolutionnaire en ce sens qu’elle remet en cause les fondements mêmes du régime en place.

    Kabyle.com : On dit que « l’argent est le nerf de la guerre », qui finance le MAK ?

    Ferhat MEHENNI : Pour le moment personne. Je vous rappelle que pour aller aux Etats-Unis, c’est une association sans grands moyens qui m’a payé mon billet. Si l’argent est le nerf de la guerre, la conviction militante en est l’âme. Elle lui est supérieure. C’est sur elle que jusqu’ici nous avons compté. Mais il viendra un moment où elle aura besoin de son complément indispensable qu’est l’argent. Alors, les Kabyles finiront bien par prendre en charge leur propre combat en cotisant pour le MAK et pour leur autonomie.

    Kabyle.com : Quel impact interactif a le MAK sur le plan international ?

    Ferhat MEHENNI : Vous voyez ! Sans argent ce que nous avons pu faire. Nous avons réalisé un miracle. Etre reçu au département au Département d’Etat américain, aux institutions européennes, par des ministères de pays étrangers n’est pas, me semble-t-il, à la portée du premier venu. C’est sur son sérieux, la justesse de sa cause et sa crédibilité à l’intérieur d’un pays que se juge une organisation à l’étranger. L’impact du MAK sur le plan internationale est à l’image de son impact en Kabylie, même si les médias algériens le minimisent ou le censurent. Je tiens à exprimer notre reconnaissance à tous ceux qui relaient notre opinion et nos actions en refusant se nous appliquer leur bout de sparadrap sur la bouche.

    Kabyle.com : Qu’adviendrait-il du MAK, une fois l’autonomie acquise ?

    Ferhat MEHENNI : Le MAK ne veut en aucune façon confisquer l’autonomie de la Kabylie à son peuple comme le FLN avait confisqué leur liberté aux Algériens au lendemain de l’indépendance du pays. Le MAK sera élevé au rang de patrimoine de tous les Kabyles et ne postulera à aucune récompense en dehors du respect de chacun. Toutefois, il est certain que ceux de ses militants qui souhaiteraient monter une nouvelle organisation pour briguer des mandats électifs, en auront toute la latitude. Ensemble de préférence sous un autre sigle, ou dispersés, chacun en fonction de ses ambitions et du projet de société qu’il porte en lui pour la Kabylie. Je fais confiance au peuple kabyle pour porter à sa tête, ce jour-là, celles et ceux qui méritent réellement de le représenter.

    Kabyle.com : En quoi consistent le rôle et l’avenir politiques de Ferhat ?

    Ferhat MEHENNI : Mon rôle consiste, dans la mesure de ma santé et de mes moyens, à protéger la Kabylie d’un nouveau massacre, de nouvelles répressions, de nouvelles humiliations. Je me bats pour notre droit en tant que peuple, en tant que nation à vivre dans le respect qui nous est dû dans notre pays, sur notre propre terre. Je continuerai à lutter pour que le peuple kabyle vive dans la paix, la prospérité et l’amour de nous-mêmes et des autres, dans le respect des valeurs humaines les plus nobles. Mon avenir politique ne m’a jamais posé problème. Je ne suis ni un assoiffé de pouvoir ni obnubilé de richesses matérielles. J’ai cinquante trois ans. J’aurais pu passer mon temps à courir la fortune et les titres au lieu des prisons et des coups que j’ai tant reçus, y compris de la part des miens. A chaque fois que je relève un défi, je me fais un devoir de l’honorer. Je serais toujours là, à côtés des miens à les servir avec toujours autant de dévouement quant, hélas, ce ne sera pas avec la même fougue du fait de mon âge. Je préfère envisager, à la place des miens, le rôle politique de la Kabylie dans l’ensemble nord-africain, dans le bassin méditerranéen, à travers le monde. C’est l’avenir tout court des jeunes Kabyles d’aujourd’hui qui me préoccupe le plus, eux qui n’ont le choix qu’entre la prison, les grèves générales, les marches, les balles explosives que tirent les gendarmes sur eux, l’exil ou la mort. C’est leur avenir qui me semble se confondre avec le mien.

    Kabyle.com : Votre mot de la fin ?

    Ferhat MEHENNI : Mes remerciements à Kabyle.com pour tous les efforts déployés pour couvrir ma visite en Amérique du Nord. L’excellent travail réalisé a permis aux internautes de suivre les évènements importants de ma mission au jour le jour.

    Interview réalisée par T.Ould-Hamouda

    Quelques liens

    Site de M.Turp du Parti québécois
    Site du MAK

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    TIDAK N'NA FA - ENTREVUE AVEC MAS SEKHI

    26/02/2009 01:30

    TIDAK N'NA FA - ENTREVUE AVEC MAS SEKHI


     

    Retour sur le succès de "Tidak N na Fa" 

     

    Théâtre

    Tidak N na Fa recevra certainement le "Prix de la meilleure réalisation amazighe" de la dernière décennie. Présentée pour la 4ème fois à Montréal, la pièce fait toujours salle pleine.
    Pleine d'humour et de sagesse, elle nous transporte durant un laps de temps, vers nos villages où l'on retrouve nos grands-mères et nos mères si loin de nous.

    Kabyle.com Montréal : Azul a Mas Sekhi , Bravo pour le succès remporté par votre pièce de théâtre « Tidak n Nna Fa »...

    Mas Sekhi : Azul. Merci à vous d’informer le public de ce qui se passe sur la scène culturelle au Canada et de faire connaître notre travail. Vous êtes le lien entre le public et l’artiste et sans le public aucune œuvre, aussi exceptionnelle soit elle, n’existerait. Ici au Canada, et de façon générale dans tous les autres pays d’accueil, notre public est forcément restreint. Une bonne information est encore plus indispensable. Merci de contribuer à la diffusion de l’information sur la création artistique.
     
    Votre pièce, présentée pourtant pour la 4ème fois à Montréal, vient de remporter un succès fou à voir le nombre de personnes venues et surtout les DVD qui se sont envolés en l’espace d’un laps de temps, comment prenez-vous ce succès ?
     
    Je le prends comme un encouragement à continuer et à mieux faire. Quand le public répond, cela veut dire qu’on est sur la bonne voie. Ce n’est pas rien quand on sait que l’art, surtout lorsqu’il s’agit de théâtre, passe par des chemins très escarpés et sans les encouragements du public, il n’est pas facile de continuer à penser que le chemin puisse un jour déboucher quelque part.
     
    Vous avez évoqué l’accueil que le public a fait à la pièce « Tidak n Nna Fa », je voudrais mentionner que durant les quatre représentations, les acteurs et le public étaient en communion. Il a été complice sur tous les registres de l’émotion, il a embarqué dans les moindres nuances. Durant la dernière représentation, le public nous a réservé une surprise de taille! Durant le deuxième acte, lorsque Nna Fa évoquait à sa façon l’admirable courage de nos grand-mères, il y a eu spontanément une salve de taghratin (youyous) dans la salle. C’est un moment qui compte dans la vie d’un artiste.
     
    Les différentes représentations m’ont aussi confirmé qu’il ne faut jamais sous- estimer la capacité du public à saisir les nuances. Il n’a pas besoin qu’on lui tienne la main. Ou sinon, c’est que quelque chose ne va pas dans l’œuvre elle-même.
     
    Je dois aussi ajouter que la qualité de l’organisation d’un événement peut aussi rehausser sa valeur et je dois signaler le professionnalisme de Mourad Mohand-Said qui est derrière l’organisation des activités de la troupe Nna Fa. 
               
               
    Nul ne peut vous remplacer dans l’interprétation du rôle de la vieille, pouvez-vous nous expliquez, sachant que vous n’avez jamais fait l’école de théâtre, d’où vous vient « ce don naturel» ?
     
    Aucun des acteurs de « Tidak n Nna Fa », n’a jamais fait de formation. En fait, je vais vous faire un aveu : ni Hocine Toulait ni Djouher Sekhi ni moi-même n’avons jamais fait de théâtre de notre vie avant « Tidak n Nna Fa »! Quand j’y pense je me dis que c’était plutôt téméraire. Mais ne dis-t-on pas que la foi soulève des montagnes? Pour ma part je crois que notre cerveau fonctionne comme une éponge et qu’il enregistre bien des choses à notre insu : des expressions, des mimiques, des attitudes et des intonations…
    C’est ce qui s’est passé pour moi. J’étais très proche de ma grand-mère et par ricochet, proche des vieilles personnes en général. Une fois que le lien de confiance est établi, c’est incroyable les trésors que l’on peut découvrir pour peu que l’on enlève ses lunettes de lettré et que l’on épouse leur perspective et leur interprétation de la vie. On interprète les choses et la vie en général selon les outils dont on dispose. C’est ça la différence. Et une interprétation en vaut une autre. Puisque vous évoquez la façon dont a été interprété le personnage de Nna FA, je voudrai ajouter que toute la pièce est un hommage à nos grand-mères et je pensais que l’ultime façon pour moi de rendre hommage à la mienne était de jouer moi-même le rôle de Nna Fa. Je suis heureux que le public ait senti cet élan et qu’il m’ait approuvé en quelque sorte.
     
    Votre performance incroyable dans l’utilisation du verbe kabyle que ce soit en poésie, en proverbes ou carrément dans les jeux de mots a impressionné plus d’un, comment arrivez-vous à manier avec une telle facilité  notre langue?
     
    Je dirais que c’est parce que j’ai toujours senti que les vielles personnes ont à dire beaucoup plus que nous leur prêtons. Si on est conscient de cela (ceci est encore plus vrai dans le cas de notre langue) et pour peu que l’on ait un peu l’amour des mots, cela vient tout seul. Oui je pense que le secret c’est de voir la magie des mots et d’aimer sa langue sans complexe. Avec ses carences et ses miracles, comme toutes les langues en somme. Il y a aussi une question d’attitude : considérer les langues comme complémentaires et non exclusives surtout lorsqu’on est bilingue par la force des choses comme c’est notre cas.  
     
     
    Avez-vous présenté  "N na Fa" ailleurs qu’au Canada ?
     
    Non pas encore. Nous sommes en contact que ce soit pour l’Algérie, la France ou les États-unis, mais nous demeurons ouverts à toute proposition. Le souhait de toute l’équipe et de faire voir la pièce à un maximum de gens. Nous espérons que Nna Fa ait une longue vie et qu’elle soit adoptée comme grand-mère par beaucoup de monde.
     
    A votre avis, comment se porte le théâtre kabyle?
     
    J’espère que dans l’avenir nous parlerons de théâtres Kabyles. Je veux dire qu’il va se diversifier comme l’a fait la chanson et la poésie. Pour ma part, je ne me sens pas capable de parler du théâtre kabyle, mais mon désir et de pouvoir contribuer aussi modestement que cela puisse être. En ce qui me concerne, je pense que lorsqu’on écrit, du théâtre ou autre chose, on doit suivre son instinct, sans se préoccuper de genre ni de forme. C’est au public de faire le tri.
     
    Quelle est votre prochaine pièce de théâtre?
     
    Elle est prête. Nous allons commencer les répétitions bientôt. Bien que l’humour soit toujours omniprésent, elle va évoquer certains des problèmes qui nous affectent que cela soit au niveau individuel ou au niveau social : le manque de communication, la place de la femme, le conflit des générations, le traditionnel et le moderne, la place de la langue…Mais toujours dans l’humour, ce merveilleux véhicule qui permet parfois des raccourcis de cœur à cœur .
     
    Serait-elle bientôt disponible sur scène ?
     
    C’est une pièce avec 5 personnages, ce qui rend la mise en scène et la préparation un peu plus complexe que pour « Tidak n Nna Fa ». Peut être ce printemps, peut être un peu plus tard.
     
     
    D’autres projets en vue ?
     
    Oui, certainement. J’ai un livre, en kabyle, chez un éditeur. C’est un livre qui en partie reprend quelques textes qui ont servi de base à l’émission « Abruy » diffusée sure la télévision berbère, ainsi que beaucoup de textes inédits. Le livre s’appelle d’ailleurs « Abruy…tirect ». J’espère qu’il sera bientôt disponible. J’ai aussi quelques autres projets pour le théâtre.
     
     
    Votre mot de la fin M. Sekhi ?
    Merci à tous ceux qui ont aidé a promouvoir la pièce « Tidak n Nna Fa » et qui n’ont pas ménagé leurs efforts. Je parle aussi bien des individus que des sites web ou des radios. En ce sens, l’aventure « Tidak n Nna Fa » est un superbe exemple d’entraide. Bien entendu, tout cela ne serait qu’un rêve sans le public.
     
    Tanmirt a  mas Sekhi.
     
    Entrevue réalisée le 18 octobre 2008 - Par T. Ould-Hamouda
    (Après la présentation de « Tidak n Nna Fa »)
     
     
     





    Entrevue 1 avec Arav Sekhi

    26/02/2009 01:20

    Entrevue 1 avec Arav Sekhi


     
    Accueil archives > Newsletter > "Tidak N’na Fa", Entrevue avec M. Arab Sekhi

    Canada

    "Tidak N’na Fa", Entrevue avec M. Arab Sekhi

    samedi 10 février 2007, par OULD HAMOUDA Tassadit


    ENTREVUE

     

    T. Ould-Hamouda : Azul a Mas Sekhi et Bienvenue à Kabyle.com.

    Arab Sekhi :Azul et merci de me donner cette occasion de parler de la pièce et de ce que nous faisons. J’aimerai aussi remercier Kabyle.com pour l’aide qu’il nous donne pour faire connaître nos activités.

    T. Ould-Hamouda : Vous êtes co-réalisateur de la pièce théâtrale en Kabyle "Tidak N’na Fa" qui a eu beaucoup de succès au Canada, pouvez-vous nous raconter comment l’idée vous est venue quant à cette création ?

    Arab Sekhi : Comme vous le savez, je suis membre de l’Acaoh et souvent je suis appelé à animer nos fêtes ou soirées. Au début, j’ai voulu créer un petit sketch de quelques minutes avec l’histoire de N’na Fa, je ne réalisais pas que je m’engageais dans quelque chose de très important et quand j’ai commencé à écrire le sketch, Ce fut comme un déluge, tout ce que j’avais emmagasiné durant mes conversations avec ma grand-mère et avec d’autres vieilles Kabyles a refait surface. Je n’ai pas pu m’arrêter avant de terminer ce qui est devenu une pièce de 2 heures. Quand j’ai fini d’écrire la pièce, j’ai proposé à mon ami Hocine Toulait s’il était intéressé à jouer le rôle du Dr. Il a tout de suite embarqué. Nous avons peaufiné la mise en scène ensemble au fur et à mesure des répétitions. Nous, qui n’avions jamais fait de théâtre de notre vie, ma fille Djouher (l’infirmière) non plus ! Nous avons plongé sans vraiment mesurer dans quoi nous nous embarquions. Quand nous avions pris conscience de toute l’aventure, il était trop tard pour reculer.

    T. Ould-Hamouda : Vous avez interprété le rôle de "N’na fa" avec brio, se mettre dans la peau d’une vieille n’est pas si simple, pouvez-vous nous en parler ?

    Arab Sekhi : J’ai toujours aimé parler avec des vieilles femmes, ma grand’mère en premier. Je n’ai jamais eu le moindre doute sur leur sagesse et leur courage. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour elles. Pendant mes longues heures de conversation, j’ai très probablement absorbé à mon insu, en plus de leur vocabulaire, toute leur gestuelle. Pendant toutes ces années, c’était en moi et quand je leur ai donné l’occasion, toutes ces vieilles se sont manifestées en la personne de Nna FA. Un acteur ne vaut que par ses partenaires. La complicité de mon ami Hocine qui est un médecin plus que nature et de ma fille Djouher, m’a beaucoup aidé. Honnêtement, je n’ai pas eu à me mettre dans la peau d’une vieille, j’ai juste laissé libre cours à mes souvenirs et à mon désir de rendre hommage à celles qui nous ont appris à faire nos premiers pas. Ce que nous oublions souvent.

    T. Ould-Hamouda : Le succès remporté par cette pièce vous encourage-t-il à entreprendre d’autres créations ou adaptations ?

    Arab Sekhi : J’avoue que j’ai été très surpris par l’accueil que la pièce a reçu. cCest un encouragement formidable pour continuer à écrire d’autres pièces. Le public a répondu au-delà de tous mes espoirs. Je peux dire que c’est lui qui, en suivant les acteurs dans les différents registres émotionnels a porté la pièce à bout de bras. Oui certainement on ne peut pas rêver de meilleur début. Je suis déjà en train de travailler sur une autre pièce que nous présenterons l’année prochaine.

    T. Ould-Hamouda :Les anectodes de N’na Fa sont lyriques, comment faites-vous pour garder votre sérieux et ne pas tomber sous le charme du personnage ?

    Arab Sekhi : En fait c’est parce que je suis le personnage et Hocine est aussi complètement dans le sien. C’est vrai que parfois c’est difficile de se retenir, mais les répétitions servent à nous apprendre à nous contrôler.

    T. Ould-Hamouda : Depuis quand avez-vous commencé à faire du théâtre ?

    Arab Sekhi : Je n’ai jamais fait de théâtre de toute ma vie, Hocine et Djouher non plus. La pièce "Tidak n N’na Fa" est la première que nous ayons jamais jouée. Elle a été un véritable déclenchement. Quelque part aussi, j’ai pensé que c’etait le meilleur moyen de rendre hommage à nos grands-mères et j’avais l’impression que je n’avais pas le droit de les décevoir si elles me voyaient. Cela était une grande motivation.

    T. Ould-Hamouda : Quelle a été la difficulté majeure dans l’élaboration de cette pièce et de son interprétation ?

    Arab Sekhi : La difficulté majeure a été de ne pas céder à la facilité en créant un personnage burlesque exagéré dans le seul but de faire rire aux dépens de nos grands-mères. J’ai voulu que le personnage soit authentique, du moins aussi fidèle que possible à toutes ces vieilles femmes qui continuent à habiter mes souvenirs. Mon voeu le plus cher était que toutes ces vieilles que j’ai connues pensent que j’ai été fidèle à ce qu’elles voulaient exprimer depuis longtemps. Étirer les personnages jusqu’à la caricature est une façon de faire rire à peu de frais. Une façon facile mais pas très saine. Mon souci était que le personnage de Nna Fa soit authentique, que les gens reconnaissent leurs grand-mères, leurs mères. En un mot que personne n’ait honte de dire Nna Fa, c’est ma grand-mère.

    T. Ould-Hamouda : "Tidak N’na Fa" est déjà passée 2 fois à Montréal, comment trouvez-vous le public montréalais ?

    Arab Sekhi : Que ce soit à Montréal ou à Ottawa, le contact a été magnifique avec le public. Il a vibré à toutes les nuances de la pièce. Les spectateurs ont immédiatement adopté les personnages, ils nous ont fait le plus beau cadeau dont on puisse rêver en acclamant la pièce. Le public a réagi au quart de tour. Rien ne lui a échappé. C’était incroyable.

    T. Ould-Hamouda : Lors de la dernière présentation à Montréal, une annonce a été faite au public pour la mise en vente prochaine d’un DVD de cette pièce, qu’en est-il ?

    Arab Sekhi : Le DVD est toujours au stade du montage. Nous avons eu une petite difficulté que le producteur, Mohand Benmellat est en passe de régler. Nous espérons qu’il sera disponible très prochainement. Ce que je peux promettre c’est que nous ne lésinerons pas sur les moyens pour faire un produit de grande qualité. C’est notre façon de témoigner de notre respect pour le public.

    T. Ould-Hamouda : En dehors de Montréal, projetez-vous de présenter cette pièce dans d’autres grandes villes (ex. Paris, Alger...) ?

    Arab Sekhi : On n’a pas de projet précis pour l’instant, mais nous avons pensé à notre communauté des États-Unis et nous serons certainement très heureux de la présenter en France ou en Algérie, si l’occasion se présentait.

    T. Ould-Hamouda : Avez-vous des projets de coopération avec des médias pour la promotion et la diffusion de "Tidat N’na Fa" ?

    Arab Sekhi : Certainement si nous devons présenter cette pièce ailleurs, nous serons très heureux de collaborer avec n’importe quel média. Jusqu’à présent tous les médias en ligne que nous avons sollicités nous ont aidés. Ils l’ont fait avec plaisir pour aider notre association, l’ACAOH, qui parraine la pièce. Qu’ils en soient remerciés. J’avoue que voir avec quel empressement ces médias ont répondu à notre appel est une source de satisfaction.

    T. Ould-Hamouda : Le théâtre d’expression amazigh en général et Kabyle, en particulier, est très peu représenté sur la scène culturelle, comment d’après-vous, peut-on remédier à cette situation ?

    Arab Sekhi : Que ce soit pour le théâtre ou pour toute création culturelle, l’ère où les gens lisaient en Kabyle ou regardaient les pièces en Kabyle par pur militantisme, ou parce que c’était en kabyle, est révolue. Notre génération pensait que le premier mérite de toute œuvre en kabyle était d’exister et que toute création culturelle en kabyle devait être encouragée parce que c’était toujours ça de pris sur l’adversité. Chaque création culturelle, parce que tout simplement elle était là, était une petite victoire pour notre culture. Maintenant, c’est différent, pour la jeune génération un livre, une pièce ou même un film en kabyle est une chose normale. Pour les attirer il faut faire de la qualité. Il faut aussi s’adresser à eux certes dans leur langue, mais aussi leur parler de choses qui les touchent. Il est évident qu’une adaptation en kabyle de Roméo et Juliette aura plus de chance de toucher plus de jeunes que celle de La guerre de Troie !

    T. Ould-Hamouda : "La guerre de 2000 ans " de Kateb Yacine est une fresque historique, pensez-vous en faire une adaptation en Kabyle ?

    Arab Sekhi : Ça sera certainement un projet magnifique. Pour le moment, ce n’est pas dans nos projets, mais effectivement, ça pourrait être une très belle expérience.

    T. Ould-Hamouda : Est-il vrai que "N’na Fa" repassera bientôt à Montréal ?

    Arab Sekhi : Beaucoup de monde nous ont fait part de leur désir de la voir ou de la revoir et c’est avec un immense plaisir que nous allons la présenter le 24 février 2007 au Patro-Le-Prévost. Nous sommes impatients d’aller partager ce moment avec notre communauté de Montréal

    T. Ould-Hamouda : En plus du théâtre, vous êtes membre très actif de l’Acaoh, Poète et réalisateur de l’émission "Abruy" à Brtv, comment arrivez-vous à gérer votre temps ?

    Arab Sekhi : Le défi est surtout de gérer ma passion pour la langue Kabyle. Pour le temps, il y a des petites astuces, comme par exemple : prendre l’autobus et non la voiture pour aller au travail et écrire durant le trajet, ou encore se lever à 5 h00 du matin ! Aussi, il y a le fait que la poésie, l’émission "Abruy" ou le théâtre soient les facettes d’une seule passion : l’amour du verbe kabyle. C’est peut être aussi une façon à moi de recréer ma Kabylie dans ma tête. Il faudra aussi ajouter que les encouragements qui me sont témoignés que ce soit par ma famille, mon entourage ou encore les téléspectateurs par courriel, sont un incroyable soutien.

    T. Ould-Hamouda : Comment résumeriez-vous cette première expérience ?

    Arab Sekhi : Cela a été une expérience merveilleuse, d’abord parce que la pièce a été un succès, mais aussi j’ai le sentiment d’avoir rendu un peu de ce que j’ai reçu de toutes les vieilles femmes que j’ai côtoyées dans la vie. Je crois que mon admiration pour nos grands-mères est partagée par tous ceux qui sont venus nous encourager. Je n’ai aucun doute la dessus à voir la façon dont le personnage "Nna fa" a été adopté par tous ceux qui ont vu la pièce. J’ai eu le bonheur d’entendre parfois des personnes émailler leurs discours d’expressions de Nna Fa .

    La pièce "N’na Fa" m’a ouvert un monde merveilleux et pour cela je lui serais éternellement redevable.

    Un autre bonheur que "N’na Fa" m’a apporté, c’est de jouer avec ma fille Djouher qui est pleine de talent et pleine de passion pour sa culture. Ma famille a été le premier public de "N’na Fa", sans elle, je ne sais pas si j’aurai mené mon projet à terme.

    T. Ould-Hamouda : Votre mot de la fin M. Sekhi ?

    Arab Sekhi : Je voudrai remercier tous mes amis de l’Acaoh qui ont fait "leur", le projet "N’na Fa". Un grand merci aussi aux médias et à tous ceux qui nous ont aidé à promouvoir la pièce. Merci au public qui a fait une place à "N’na Fa" dans la communauté. J’espère que nous aurons le bonheur de le voir nombreux ce 24 février à Montréal.

    T. Ould-Hamouda : Tanemirt a Mas Sekhi.

    Entrevue réalisée le 02 février 2007 à Montréal

     





    Un Québecois amoureux de la Kabylie

    14/02/2009 22:26

    Un Québecois amoureux de la Kabylie


     
    Normand Lacasse, un québécois amoureux de la Kabylie

    "La reconnaissance d’une langue est primordiale pour un peuple".
    Normand Lacasse, ce jeune photographe Québécois, devenu Kabyle de coeur nous confie ici son amour pour la Kabylie, sa deuxième patrie après le Québec.

    Kabyle.com : Azul Normand
    N. Lacasse : Azul fellam, azul à tous les internautes de Kabyle.com.

    Kabyle.com : Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
    N. Lacasse : Je suis photographe depuis plusieurs années et québécois de souche et Kabyle de coeur.

    Votre métier de photographe

    Kabyle.com : Vous êtes photographe depuis plusieurs années, comme vous venez de le souligner, vous rappelez-vous votre première photographie ?
    N. Lacasse : Je n’ai pas gardé en mémoire ma première photographie, mais ma préférée c’est une photo prise dans le Centre-Ville de Montréal : une petite maison à moitié démolie avec un nouveau bâtiment d’un côté et la tour de la Bourse de Montréal, de l’autre. C’est la pauvreté versus la richesse.

    Kabyle.com : Pour quelle raison faites-vous de la photo ?
    N. Lacasse : Tout simplement par passion.

    Kabyle.com : Quel est votre parcours photographique ?
    N. Lacasse : Après avoir suivi une formation en photographie, j’ai fait la connaissance de la communauté marocaine. J’ai commencé à faire de la photo pour la Fédération Marocaine du Canada, pour le journal Maghreb-Observateur et j’ai couvert presque tous les évènements marocains à Montréal.

    Kabyle.com : Qu’est-ce qui vous plait dans cet "Art" ?
    N. Lacasse : Ce qui me plait le plus est le fait d’immortaliser les évènements, les garder en image. L’art de la photo, c’est un peu l’histoire en image.

    Kabyle.com : Quel est votre meilleur souvenir de photographe ?
    N. Lacasse : Mon meilleur souvenir est un reportage que j’ai réalisé au Maroc lors d’un voyage pour la Fédération Marocaine du Canada.

    Kabyle.com : Si vous n’aviez à garder qu’une seule photo, laquelle choisiriez-vous ?
    N. Lacasse : Honnêtement, si j’avais à choisir, je prendrais au moins 6 photos qui ont pour moi un intérêt particulier :
    Les deux premières seraient : une de Baâziz, une autre de Takfarinas, lors de la marche de soutien à la Kabylie.
    La troisième serait celle de Ferhat Mehenni : lors de la minute de silence au Gala du 12 décembre 2003 à Montréal.
    La quatrième serait aussi de M. Mehenni : lors de son émouvante accolade avec Gilles Duceppe (Chef du Bloc Québécois) en fin de leur entrevue.
    La cinquième photo serait celle de Massylia du groupe Tafsut : elle avait une telle grâce en présentant le foulard Kabyle.
    La sixième photo serait aussi du groupe Tafsut : lors de la fête nationale du Québec au moment de la levée du drapeau québécois : toutes les femmes et fillettes étaient en robes Kabyles et avaient chacune un drapeau du Québec.

    Votre travail avec la communauté de l’Afrique du Nord

    Kabyle.com : Comment avez-vous découvert la communauté Nord-Africaine ?
    N. Lacasse : J’ai découvert la communauté Nord-africaine avec le Centre Amazigh de Montréal, le groupe Tafsut, l’association Tirrugza et avec Kabyle.com.
    C’est à partir de là que j’ai commencé à faire la différence entre le Maghreb et l’Afrique du Nord et à connaître les problèmes de la Kabylie.
    Mes lectures sur Kabyle.com m’ont beaucoup aidé à élargir mes connaissances sur la Kabylie, sur l’Afrique du Nord, sur la communauté Kabyle et Amazigh d’Europe, à comprendre les problématiques et de voir comment évolue la situation politique de ce peuple.

    Kabyle.com : Vous avez fait la couverture photos de la plupart des évènements Kabyles à Montréal (marches, soirées, conférences, etc. ...), quel est celui qui vous a le plus marqué ? Pouvez-vous nous en parler ?
    N. Lacasse : Les deux marches de soutien à la Kabylie m’ont ému. En dépit de toutes les craintes, j’ai constaté que les Kabyles s’étaient unis en force pour dénoncer le pouvoir algérien.
    Par ces manifestations, les Kabyles ont attiré l’attention des politiciens sur les problèmes de la Kabylie.

    Kabyle.com : Vous êtes photographe attitré du groupe Tafsut depuis maintenant environ 3 ans et vous êtes présent à toutes ses représentations, pourquoi ?
    N. Lacasse : Je suis avec le groupe Tafsut (chants et danses de Kabylie) depuis longtemps, je respecte la ténacité de sa fondatrice et de ses membres et avec Tafsut je découvre aussi les autres montréalais que je ne connaissais pas. Tafsut, c’est la richesse d’aller vers les autres, Tafsut ne s’est pas confinée dans un ghetto. Tafsut existe aussi pour la communauté Québécoise.

    La visite de Ferhat Mehenni, Porte-parole du M.A.K.

    Kabyle.com : Vous avez fait la couverture photographique de tous les évènements importants de la visite de M. Mehenni au Canada, pour quelle raison ?
    N. Lacasse : Pour connaître l’homme, son cheminement historique, ses idées politiques. M. Mehenni est le porte-parole du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, il m’a fait redevenir un militant actif pour l’indépendance du Québec.
    La visite de M. Mehenni m’a permis de me rapprocher de M. Gilles Duceppe, Chef du Bloc Québécois à Ottawa. Par mon assistance, la délégation du MAK a été invitée à l’Assemblée Nationale du Québec et reçue par M. Daniel Turp, Député de la circonscription de Mercier et porte-parole de l’Opposition officielle en matière de Relations internationales et des Affaires canadiennes.

    Kabyle.com : Vous adorez la Kabylie, pourtant vous ne la connaissez pas encore, d’ou vous vient cette passion ?
    N. Lacasse : C’est la ressemblance entre la cause québécoise et la cause kabyle qui m’a fait aimer ce pays et c’est aussi parceque les Kabyles me permettent de parler avec eux de politique. Pour les Kabyles, je ne suis pas juste un simple photographe "fais ta photo et tais-toi", je suis considéré comme un participant à la cause.
    Le peuple québécois et le peuple kabyle ont la même soif de liberté.

    Kabyle.com : Vous êtes pour l’Autonomie de la Kabylie, pourquoi ?
    N. Lacasse : Oui je suis pour l’autonomie de la Kabylie, je suis aussi pour la cause berbère. La reconnaissance d’une langue est primordiale pour un peuple.

    Kabyle.com : Que pensez-vous de la situation actuelle en Kabylie ?
    N. Lacasse : Ce qui se passe avec le pouvoir en place actuellement en Algérie n’est pas reluisant, il n y a qu’à voir l’interdiction de ces derniers jours du livre de M. Benchicou : "Bouteflika, une imposture algérienne". Ceci donne un large aperçu sur la pseudo-démocratie régnant dans ce pays.

    Kabyle.com : Quels sont les souhaits qui vous tiennent à coeur ?
    N. Lacasse : Le premier est de voir les Kabyles et les québécois unis ensemble pour un même combat. Le second, c’est d’aller un jour en Kabylie, réaliser un reportage photos et en faire des expositions partout : en Kabylie d’abord, en France et au Québec, ensuite.

    Kabyle.com : Vous êtes aussi reporter-photographe auprès de Kabyle.com, comment s’est faite votre relation avec ce site ?
    N. Lacasse : J’ai pris contact avec M. Stéphane Arrami et je lui ai proposé mes photos, il les a acceptées et c’est ainsi qu’a commencé ma collaboration avec Kabyle.com. J’aimerais beaucoup que Kabyle.com ait une page "Québec" et donne une reconnaissance officielle à ses rédacteurs et reporters afin de faciliter leur introduction dans la vie politique et sociale du Québec.

    Kabyle.com : Votre mot de la fin ?
    N. Lacasse : Je tiens d’abord à dire un grand merci à Kabyle.com pour l’ouverture qu’il a eu à mon égard en tant que québécois. Si je suis connu aujourd’hui, ce n’est pas seulement en raison des photos que j’ai faites de la communauté, mais c’est surtout grace à leur publication sur ce grand site Kabyle. C’est grace aussi à Kabyle.com que la classe politique peut connaître la Kabylie et les problèmes de sa communauté.
    Je remercie aussi M. Ferhat Mehenni pour m’avoir fait retrouver ma fibre patriotique.
    Je profite de cette opportunité qui m’est offerte pour saluer M. Gilles Duceppe, M. Bernard Bigras, M. Yves Beauregard du Bloc québécois, M. Daniel Turp, du Parti québécois et enfin, je remercie tous les Kabyles de Montréal pour m’avoir permis de vivre avec eux et de les connaître.
    Je salue particulièrement Tassadit de Tafsut pour la collaboration mutuelle.

    Interview réalisée par T. Ould-Hamouda, le 17 février 2004

    Site de Normand Lacasse : http://www





    Entrevue avec Seghira Bouhaddi

    14/02/2009 21:57

    Entrevue avec Seghira Bouhaddi


    Seghira Bouhaddi, la voix d'or d’une Kabylo-Québecoise

    ImageLa grande révélation de «Nuits d’Afrique» cette année n’est autre que Seghira Bouhaddi. Avec une voix superbe et une aisance sur scène digne des grandes stars, Seghira a conquis les cœurs des spectateurs, venus en masse encourager le groupe « Anzar » auprès duquel elle évolue.

    Plus d’un a eu la chaire de poule en écoutant la jeune star interpréter Acewwiq de Slimane Azem « Algérie mon beau pays » avec une voix d’une rare beauté. Quelques nostalgiques n’ont pu retenir leurs larmes.

    En effet, Seghira avec sa voix mélodieuse et envoûtante a réussi à nous transporter en plein cœur de la Kabylie. Nous avons pu oublier durant un laps de temps que nous étions à Montréal.

    Bravo Seghira et Bravo au Groupe ANZAR.

    INTERVIEW DE SEGHIRA BOUHADDI

    T.O : Bonjour Seghira et Bienvenue.

    Seghira : Azul merra fellawen

    T.O : Vous avez été pour toute notre communauté, la grande révélation de ce Festival « Nuits d’Afrique », comment êtes-vous venue à la chanson ?

    Seghira : J’ai commencé à chanter en chorale au sein de « Tafsut », j’ai participé avec ce groupe à plusieurs manifestations culturelles, telle que « Vues d’Afrique », etc.… Par la suite avec la naissance du groupe « Anzar », j’ai eu l’occasion de me découvrir en chantant en solo, ce qui a plu à beaucoup de gens de notre communauté. C’est ce qui m’a encouragé à continuer.

    T.O : Vous évoluez actuellement auprès du groupe Anzar, que nous saluons au passage, pensez-vous continuer avec eux ou avez-vous d’autres projets, exemple chanter seule ?

    Seghira : Dans l’immédiat, je ne pense pas entreprendre une carrière en solo, mais je continuerai à chanter pour la promotion et la sauvegarde de ma culture, toujours auprès du groupe « Anzar »

    T.O : Vous avez une voix qui nous fait rappeler une grande star Kabyle : « NOUARA ». Êtes-vous heureuse de ressembler à cette grande Dame ?

    Seghira : Bien sûr, je suis même honorée lorsque les gens me disent que ma voix ressemble à celle de Nouara, grande artiste que j’admire beaucoup

    T.O : Le groupe Anzar a honoré la Kabylie lors du Festival « Nuits d’Afrique ». En tant que membre de ce groupe, comment avez-vous pris cela ?

    Seghira : Le groupe Anzar a travaillé dur pendant deux ans, les résultats sont plus que satisfaisants vu les critiques récoltées lors de nos différentes prestations. Je suis fière de faire partie de cette formation.

    Actuellement, nous préparons un album qui j’espère plaira beaucoup à nos fans.. J’ai été très heureuse de voir que notre communauté était nombreuse à venir nous encourager. Cela m’a fait chaud au cœur.

    T.O : Pensez-vous perséverer dans la chanson et en devenir une grande artiste ?

    Seghira :Pour l’instant, je me concentre surtout sur mes études. Pour la chanson, je laisse venir les choses.

    T.O : Que pensez-vous de la chanson Kabyle, a t-elle évolué ou a t-elle régressé ces dernières années ?

    Seghira : Il y a certains artistes qui ont apporté énormément à la chanson kabyle, tels que Idir, Takfarinas, Matoub, etc. ). Par contre, je suis vraiment déçue par certains qui aiment la facilité, je pense surtout à ceux qui ne font que des reprises.

    Il faut tout de même avouer que nos artistes ont beaucoup de mérite vu les circonstances difficiles dans lesquelles ils évoluent que ce soit du point de vue politique, économique et sociale.

    T.O : Vous vous occupez aussi d’un groupe de danses « Azetta - Au fil des rythmes berberes » qui a représenté la Kabylie à divers spectacles québécois, comment arrivez-vous à gérer votre temps en votre qualité d’étudiante ?

    Seghira : En ce qui concerne « Azetta », nous faisons les répétitions 1 fois par semaine (Samedi). Je donne aussi des cours de danse berbère chaque Mardi de 20 h à 21h30 au Centre Afrique en Mouvement. Pour mes études, je suis mon horaire régulier au CEGEP.

    T.O : Ces dernières années, on a vu naître à Montréal plusieurs groupes et formations culturelles, comment voyez-vous cela ?

    Seghira : Je vois cela comme une richesse qui vient renforcer notre culture. Tous ces groupes travaillent fort et font de leur mieux pour représenter honorablement notre patrimoine berbère.

    T.O :Vous chantez actuellement en Kabyle. Pour intéresser le public québécois, pensez-vous chanter un jour en français ?

    Seghira : Pourquoi pas ? on ne sait jamais ce que le destin nous réserve.

    T.O : Vous avez quitté la Kabylie à l’âge de 9 ans, avez-vous gardé quelques souvenirs ? Vous manque t-elle ?

    Seghira : J’ai gardé plusieurs souvenirs, surtout l’image de mes grands-parents, de ma famille, de mon village, des paysages et ça me manque énormément.

    T.O : Aimerez-vous un jour donner un spectacle à Bgayet ou à Tizi ?

    Seghira : C’est vraiment un grand honneur pour moi que de chanter aux miens.

    T.O : Seghira, votre mot de la fin ?

    Seghira : Je remercie d’abord mon père et ma mère qui m’ont fait aimer ma culture. J’aimerai remercier aussi toutes les personnes qui ont cru et qui continuent à croire en notre travail. Grâce à elles, plusieurs portes ne cessent de s’ouvrir. Mes remerciements aussi à Kabyle.com et à tous ses rédacteurs pour leurs efforts afin de faire avancer notre culture.

    T.O : Tanemirt a Seghira.

    Texte et Interview réalisés par T. Ould-Hamouda.






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